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COLLOQUE : AUX ORIGINES DE L'ANTHROPOLOGIE FRANCAISE : PAUL LACOMBE 




COLLOQUE

AUX ORIGINES DE
L'ANTHROPOLOGIE FRANCAISE :
PAUL LACOMBE

24-26 SEPTEMBRE 2009
A LAUZERTE (Tarn et Garonne)




Organisé par le LISST-Centre d'Anthropologie Sociale et l'EHESS,
avec le soutien de la mairie de Lauzerte.



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L‘œuvre de Paul Lacombe (1834-1919) est tombée aujourd’hui dans l’oubli. Elle n’est presque jamais citée, à l’exception d’une poignée de spécialistes.

L’oubli est souvent justifié. Dans le cas de Lacombe, il ne l’est pas : on lui doit un des tout premiers ouvrages en langue française où le mariage et la parenté sont analysés dans une perspective anthropologique moderne, et Braudel le tenait pour l’inventeur du concept d’histoire événementielle. Est-ce négligeable ?

En tous cas, pour ceux qui ont eu la chance de lire La Famille dans la société romaine (1889) ou De l’Histoire considérée comme science (1894), le doute n’est plus possible. Lacombe a été un des esprits les plus pénétrants et les plus inventifs de son temps – voire du nôtre, dans la mesure où certaines de ses idées prennent sens aujourd’hui. On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas parce qu’il était trop en avance sur son temps que Lacombe est tombé dans l’oubli. Mais si cette explication était la bonne, n’aurait-il pas été ignoré déjà de son vivant ? Or il n’en a rien été, nous le savons par la biographie que son ami Henri Berr lui a consacrée en 1921. Non, Lacombe n’est tombé dans l’oubli qu’après sa mort, progressivement, et pour un ensemble de raisons qui restent à identifier.

Mais aussi importantes soient-elles, ces questions ne doivent venir qu’en second lieu. Avant de s’interroger sur le destin d’une œuvre, il faut commencer par en prendre la mesure : tel est le but du colloque auquel nous vous invitons à participer.

La difficulté, c’est que cette œuvre est multiple. Lacombe ne s’est pas intéressé qu’à l’institution familiale et à la théorie de l’histoire. Il a présenté des réflexions originales sur la guerre, sur la propriété foncière, sur le racisme, sur l’éducation, sur les techniques…, et c’est sans doute cette multiplicité d’intérêts qui a contribué à sa mise à l’écart. Lui qui se plaisait à confondre histoire et sociologie (« nous aurions pu mettre ici partout, à la place d’histoire, le mot sociologie », écrit-il dans sa préface à De l’histoire…) ne s’est laissé saisir ni par l’une ni par l’autre. Et notamment pas par la sociologie, qui cherchait alors à affirmer sa spécificité.

Cette multiplicité résulte en réalité d’un sens aigu de l’interaction de tous les faits sociaux. Ou plus exactement de l’idée que les faits rangés par nous dans une certaine catégorie (le mariage…) ne peuvent pas être compris si on ne fait pas intervenir des faits relevant des autres catégories. Mais cela nécessite, pour ne pas tomber dans un travers trop courant chez les historiens de l’époque, un usage de la comparaison qui respecte l’originalité des expériences humaines. Pour comprendre la famille romaine, nous dit Lacombe, il est tout aussi nécessaire de l’examiner par rapport à la famille en général que de l’intégrer aux autres champs de la société romaine (économie, religion, droit, résidence, esclavage…). Le concept de « fait social total » est dû à Mauss. Mais bien qu’il ne l’eût pas explicitement formulé, Lacombe en avait fait un des principes directeurs de ses analyses. Et c’est pour cette raison que chaque fois qu’il aborde un sujet nouveau, il y apporte quelque chose d’inattendu. En ce sens, Lacombe a été le contraire d’un simple compilateur.

Il n’a pas non plus été uniquement un savant. Il a aussi été un militant, et cette dimension est inséparable des autres : il y a fait preuve de la même liberté d’esprit. Dans un de ses premiers écrits, Le Mariage libre (1867), il trouve le moyen de faire, sur le plan politico-juridique, des propositions qui restent aujourd’hui aussi surprenantes par leur actualité que les hypothèses présentées dans La Famille…, et il est évident que les deux livres sont le produit d’une même réflexion. Mais là encore, la multiplicité de ses engagements a été considérable. Et s’il est trop tôt pour en dresser la liste, il ne l’est pas pour affirmer que chaque fois que Lacombe aborde un sujet de société, c’est pour y apporter un sens du concret tout à fait remarquable.

Le pragmatisme du militant procède de la même source que le réalisme, voire le matérialisme de l’homme de science : un attachement tenace et assumé à l’héritage des Lumières. Pour autant, Lacombe n’a pas ignoré les nombreux bouleversements théoriques qui se succédèrent au XIXe siècle (à l’exception peut-être du marxisme). Il a plutôt cherché à les utiliser quand cela lui paraissait opportun. Mais toujours avec un certain recul, car il voyait trop bien les défauts de l’esprit de système pour s’y laisser prendre. Sa critique de Taine (« le milieu, la race, le moment ») est un modèle du genre. Lacombe a été le contraire d’un idéologue.

Cela étant, nous croyons pouvoir proposer pour ce colloque les trois thèmes suivants :

1. Paul Lacombe : l’homme de science, le militant, les engagements
2. Mariage, famille et parenté : lectures de Lacombe aujourd’hui.
3. Lacombe et les sciences sociales : sa réception, sa place.


Mais il va de soi que cette proposition n’est pas exclusive d’autres approches, tant l’œuvre de Lacombe est riche de perspectives qui restent à découvrir.

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PROGRAMME DU COLLOQUE

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Jeudi 24 septembre 2009


13h30, accueil des participants

14h *Discours d’accueil : Monsieur le Maire de Lauzerte, Monsieur le représentant du Conseil Général du Tarn et Garonne et Monsieur le représentant du Conseil Régional de Midi-Pyrénées

*Introduction : Agnès Fine, directrice d’études à l’EHESS et François Sigaut, directeur d’études à l’EHESS


LACOMBE, L'HOMME DE SCIENCE,
LE MILITANT, LES ENGAGEMENTS


Guy Astoul, historien, Université de Toulouse II, FRAMESPA
Paul Lacombe : sa jeunesse, ses engagements républicains.

Hervé Terral, sociologue, PR, Université de Toulouse II, LISST-Cers
Paul Lacombe : un projet de réforme pédagogique

Florence Rochefort, historienne, CR, CNRS, GSRL
Paul Lacombe : Laïcisation des mœurs et émancipation des femmes

Sylvie Chaperon, historienne, MCF (HDR), Université de Toulouse II, FRAMESPA
"Le mariage libre", Paul Lacombe, féministe

Pause

17h30-19h : suite

Didier Foucault, historien, PR, Université de Toulouse II, ERASME
Paul Lacombe, libre penseur

Jean-Claude Sangoï, historien, MCF, Université de Toulouse II, LISST-Cas
Paul Lacombe, sa famille, sa parenté, sa propriété de St Fort.

Etienne Baux, historien
Paul Lacombe, l’érudit cadurcien. A propos du Te igitur


Vendredi 25 septembre

L'EVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE
LECTURES DE PAUL LACOMBE AUJOURD'HUI


9h-11h : Les outils théoriques de Paul Lacombe

Agnès Fine, anthropologue, DE, EHESS, LISST-Cas
Les lectures de Paul Lacombe

Philippe Moreau, latiniste, PR, Université de Paris XII - Val de Marne
Analyse de La famille dans la société romaine de Paul Lacombe

Claudine Leduc, historienne, MCF émérite, Université de Toulouse II
Lecture de La famille dans la société romaine

Bernard Vernier, anthropologue, PR émérite, Université de Lyon II
Paul Lacombe : une anthropologie de l'intérêt et des rapports de force

Joan Bestard, anthropologue, PR, Université Centrale de Barcelone
Le comparatisme de Paul Lacombe et le comparatisme dans l’anthropologie de la parenté aujourd’hui

Pause

11h30-13h- Actualité de Paul Lacombe. Mariage, union libre, égalité entre époux, relations entre générations

Martine Segalen, anthropologue, PR émérite, Université de Paris X - Nanterre
Mariage et famille. Modernité de Paul Lacombe

Irène Théry, anthropologue, DE, EHESS, SHADYC
L’enjeu du mariage pour les études de parenté. De Paul Lacombe à nous

Enric Porqueres i Gené, anthropologue, MCF, EHESS, IIAC - Laios
Parenté et personne. Lacombe à la lumière des débats contemporains

Agnès Martial, anthropologue, CR, CNRS, SHADYC
La paternité selon Paul Lacombe

Françoise-Romaine Ouellette, anthropologue, PR, INRS "Urbanisation, Culture et Société", Montréal, Canada
La protection de l’enfant, l’État et le législateur

Françoise Zonabend, anthropologue, DE, EHESS, LAS
Actualité de Paul Lacombe

Pause et déjeuner

15h-19h Visite commentée du cloître de Moissac

20 h- 23h, repas suivi d’une table ronde ouverte sur les interventions de la journée.

samedi 26 septembre

PAUL LACOMBE ET LES SCIENCES SOCIALES :
SA RECEPTION, SA PLACE


9h-10h30 - Paul Lacombe et l’histoire

Nicolas Adell-Gombert, anthropologue, MCF, Université de Toulouse II, LISST-Cas
Lacombe, l’histoire et les sciences sociales

Danielle Rives, historienne, chercheur associée, LISST-Cas
De l’histoire considérée comme science ou la tentation de la modernité

Dominique Ottavi, sciences de l’éducation, PR, Université de Caen
Lacombe et les illusions du progrès

11h-13h : Paul Lacombe et la sociologie de son temps

Massimo Borlandi, sociologue, PR, Université de Turin
Lacombe, Durkheim et les durkheimiens

Antoine Savoye, sciences de l’éducation, PR, Université de Paris VIII, SESS
Lacombe et l’Ecole de Le Play

Miriam Grossi, anthropologue, PR, Université Fédérale de Santa Catarina (Florianopolis, Brésil)
Questions de parenté et de genre dans l'Année Sociologique

Sylvie Sagnes, anthropologue, CR, CNRS, IIAC-Lahic
Lacombe, le polygraphe oublié

Pause et déjeuner

14 heures, clôture du colloque, Jean-Luc Jamard, anthropologue, DR, CNRS

contacts :

Agnès Fine : fine [at] ehess.fr
Nicolas Adell-Gombert : nicolasadell [at] yahoo.fr










 


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