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Vendredi 10 septembre 2010; 15h 25min. 40sec |
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Les ethnologues : Annie PARADIS |
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Ingénieur d’études à l’Université de Toulouse-Le Mirail
Membre du LISST -
Centre d'Anthropologie Sociale
paradis.annie[at]laposte.net
Ethnologue, parfois écrivain, parfois chanteuse, Annie Paradis est spécialiste de la musique, en particulier de l’opéra ; sa thèse, soutenue en 1998 à l’EHESS, était consacrée à une étude anthropologique des opéras de Mozart. Elle a été publiée par Fayard en 1999 sous le titre : Mozart, l’Opéra réenchanté
Thème de recherche :
Anthropologie de la musique.
Recherches actuelles :
- Le spectacle d’opéra : approche ethnographique.
- Le forgeron et la musique. Discours, représentations, XVème-XXIème siècles.
Après mon travail de recherche sur la relation entre le rite et la musique concrétisé par diverses publications et par ma thèse sur les opéras mozartiens et, d’autre part, dans la dynamique du séminaire Approche anthropologique de la musique que j’anime depuis cinq années, je continue, par le biais de l’enseignement, et, parallèlement, par celui d’une ethnographie du spectacle d’opéra, à poser à la musique et dans la musique quelques questions qui m’importent : en particulier celle du rapport qu’elle entretient avec le bruit. Je m’efforce donc – tout en interrogeant ces catégories – de travailler sur les limites de la musique, ses points possibles de basculement vers le vacarme ou – versus - le silence. Ces points de basculement – déjà repérés dans mon travail sur Mozart à l’intérieur même de sa musique d’opéra – je tente à présent de les repérer et de les analyser selon deux axes de réflexion :
1 - Le travail de terrain A travers trois terrains au long cours : Opéra Bastille, Théâtre impérial de Compiègne, Festival d’Art lyrique d’Aix en Provence, il s’agit d’appréhender, par le concret de l’observation, la spécificité de l’espace/temps musical de la représentation qui semble bien passer par une exploration ritualisée des marges, des limites de la musique. Ce temps et cet espace sont construits selon un ordre immuable, d’abord en amont du spectacle par la succession ordonnée des répétitions jusqu’à la "première", par le travail – non moins ordonné – de tous ceux et celles qui s’affairent, non seulement sur le plateau, dans la fosse d’orchestre, mais aussi dans "les lointains", en coulisses : techniciens, artisans, costumiers, habilleuses etc. Travail, temps et espaces minutieusement délimités, ordonnés, certes, mais toujours placés par l’ensemble de la communauté d’opéra sous le signe d’une "catastrophe" annoncée, du "four" toujours possible, envisagé, parlé en permanence et joué à des niveaux divers jusqu’à la "Première".
Ensuite, par une ethnographie du spectacle lui-même, je voudrais montrer comment et pourquoi, tout cet espace/temps de la préparation et de la répétition dans lesquels ordre et désordre sont en tension permanente, sont ressaisis, remis en jeu, en scène, dans l’espace/temps de la représentation, dans une succession de moments, de seuils fortement ritualisés : entrée des spectateurs, petit charivari des musiciens dans la fosse, tombée des lumières, arrivée du chef d’orchestre, applaudissements, "la" unificateur du premier hautbois… Musique. Ce parcours jusqu’à la musique n’est pas irréversible cependant ; cet espace/temps collectif minutieusement, longuement construit est toujours fragile…
2 - Le forgeron musical. Au cours de mes séminaires, dans un travail à la fois personnel et collectif, je tente d’approfondir cette question des rapports bruit/musique, en réfléchissant sur une figure des sociétés "traditionnelles" qui me semble centrale pour la recherche en cours : celle du forgeron ; figure envisagée sous l’angle de ses relations avec la musique, et ceci dans la longue durée historique. Du XVe au XVIIe, le discours musical savant et l’iconographie – religieuse ou profane - associent étroitement le forgeron-musicien de la Genèse, Tubal-Caïn, avec une "Dame Musique" ; au XVIIIe, il semble que cette figure du forgeron passe au second plan, en mineur, puis disparaît tandis que Dame Musique devient, en majeur, sainte Cécile… Cette figure du forgeron resurgit singulièrement dans l’opéra du XIXe (Wagner, Verdi) ; le XXème consacre l’irruption pensée du bruit dans la musique dite "contemporaine", tandis qu’aujourd’hui le "Métal" ou la "Techno" des musiques populaires amplifiées semble prolonger et amplifier justement cette pensée du bruit, en concomitance avec celle de la musique. Par ailleurs, une réflexion sur les pratiques musicales rituelles du passé – notamment celle du charivari – permettra peut-être de mieux comprendre les jeux et les enjeux de cette mise en spectacle du bruit dans la musique, donc ce que, à sa frontière extrême, la musique dit d’elle-même donc de la société qui la met en œuvre, en œuvres, en opera.
Séminaire "Approche anthropologique de la musique"
Ce séminaire est ouvert aux étudiants de tous niveaux.
Séminaires 2005-2006
- Le forgeron musical. Variation 1. Genèse.
- Le forgeron musical. Variation 2. Pythagore : la note, le mot, le nombre.
- Le forgeron musical. Variation 3. De Dame Musique à Sainte Cécile.
- Le forgeron musical. Variation 3. Wagner, Verdi, la musique de l’enclume.
- Le forgeron musical. Variation 4. Descente du Troisième Verbe : le fil de la parole chez les Dogon.
Désirs de séminaires…
- Michel Leiris ou le tangage "operratique" du langage.
- Résonances ; Paul Klee, Mozart.
- W.A. Mozart, les grincements et les vacarmes du Don Giovanni.
- Un orchestre en déroute : Fellini, Prova d’Orchestra.
- "Prestige de l’ethnographie", Chronique "en chanté" des Indiens Guayakis.
- Lévi-Strauss, Wagner : la musique et le mythe.
Travaux pratiques…
Avec la participation des doctorants du séminaire
- Une petite leçon de chant, suivie de "Les enjeux de la voix lyrique" (Julie Deramond - Annie Paradis)
- Anthropo-poétiques : jeux d’écritures (Mylène Hernandez-Annie Paradis)
Mini-terrains collectifs :
- Une répétition générale à l’Opéra (Don Giovanni au Théâtre du Capitole).
- Une balade ethnologique et sonore avec Thierry Truffaut (doctorant) en Pays Basque.
PUBLICATIONS RECENTES
Ouvrages :
1999. PARADIS, A. Mozart, l’opéra réenchanté. Paris : Fayard.
Participation à des ouvrages collectifs
2005. PARADIS, A. Mozart, l’avènement du théâtre lyrique in L’inventaire de l’opéra. Paris : Encyclopaedia Universalis, juin 2005.
Articles dans revues à comité de lecture :
PARADIS, A. 2000. L’incantatrice, Mozart : la voix de la mère, Clio, "Parler, chanter, lire, écrire", n° 11 : 49-72.
PARADIS, A. 2001. Lyriques apprentissages, les métamorphoses de l’émotion, Terrain, "Musique et émotion", 37 : 29-45.
PARADIS, A. 2004. Mozart, la vengeance et le pardon, Autrement, "La vengeance", 228 : 73-83.
Communications à des colloques avec actes publiés
PARADIS, A. 2002. Anatomie et physiologie d’un mythe : le "divin Mozart". V Tarsene na Militchnata Takan / A la recherche de la texture mythique. Actes du colloque de Plovdiv, septembre 2000. Sofia, Boyan Penev, 2002, pp. 174-177.
PARADIS, A. 2003. Art et pouvoir de l’habilleuse à l’opéra. Vêture et Pouvoir. Actes du colloque du FRAMESPA, octobre 2001, Centre universitaire d’Albi, pp.109-123
Autres publications
PARADIS A. Anna Maria, Fayard, février 2004. (roman)
PARADIS A. Mozart, Lettres des jours ordinaires 1756-1791. (traduction de Bernard Lortholary), Fayard, Paris, novembre 2005.
PARADIS, A. 2002. Mozart, Shakespeare : à l’ombre du rite. Mozart, Shakespeare, the shadow of the rite. Aix en Provence. Edition du Festival International d’Art lyrique : pp. 55-60 (texte français), 71-76 (texte anglais).
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MOZART - Lettres des jours ordinaires
1756-1791
choisies et présentées par Annie PARADIS
Editions Fayard
Mozart a partagé sa vie entre deux écritures : celle de la musique et celle des lettres. Des centaines de milliers de notes sur la partition, des centaines de milliers de mots sur le papier. Sur la scène épistolaire : des personnages, des palais, des villes, des oeuvres. Mais c'est aussi la petite musique des jours ordinaires, la vie comme elle va, ou ne va pas, griffonnée à la hâte. De cette foisonnante correspondance, des quelques 1196 lettres que comporte l'édition allemande, 163 ont été choisies pour composer ce livre. Traduites par Bernard Lortholary, elles font résonner non seulement la voix de Mozart mais aussi toutes les voix familiales et familières qui l'ont entouré.
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